Douze questions pour les 50 prochaines années : perspectives issues de la Conférence nationale sur le leadership de Canada 2067

canada2067 | Nos méthodes d’enseignement |

En sciences comme en éducation, les questions importent souvent plus que les réponses elles-mêmes. Elles sont le vecteur de la découverte.

Les 5 et 6 décembre 2017, plus de 300 délégués et panélistes — des jeunes, des enseignants, des représentants de l’industrie, des décideurs et des partenaires communautaires — se sont réunis à Toronto, à la Conférence nationale sur le leadership de Canada 2067, pour discuter d’enjeux cruciaux entourant l’avenir de l’apprentissage des sciences.

En fait, c’est tout au long de 2017 que Canada 2067 a piloté une importante discussion d’envergure nationale sur l’état de l’enseignement des STIM, soit les sciences, les technologies, l’ingénierie et les mathématiques, et sur les orientations à privilégier.

Depuis le lancement de l’initiative, en octobre 2016, plus de 170 000 personnes se sont exprimées quant aux moyens qui permettraient au Canada de garder sa position de chef de file en ce qui concerne la participation des jeunes aux programmes d’études scientifiques et la formation de penseurs critiques et créateurs de solutions. Cette consultation d’un bout à l’autre du pays a permis de recueillir des idées et opinions sur la façon d’assurer que les jeunes d’aujourd’hui pourront devenir les innovateurs et entrepreneurs de demain, prêts à surmonter tous les défis en tant que travailleurs qualifiés et citoyens informés.

La rétroaction obtenue auprès de la population et de nombreux intervenants partout au pays a servi de fondement à l’élaboration du cadre d’apprentissage des STIM de Canada 2067, dont la première ébauche a été dévoilée à la conférence de décembre. Les discussions qui ont eu lieu lors de la conférence — dont le programme reposait sur la structure même du cadre — et les idées formulées par les participants ainsi que par ceux et celles qui se sont exprimés sur le site canada2067.ca permettront de faire évoluer le document jusqu’au printemps 2018.

À la conférence, les panélistes et délégués ont en effet été invités à se pencher sur les grands sujets de réflexion suivants : quelles sont nos méthodes d’enseignement? qui est concerné? que devrait-on apprendre? quelles sont nos méthodes d’apprentissage? où mène l’instruction? La rétroaction recueillie permettra assurément de faire progresser notre façon d’enseigner les STIM.

Voici les douze questions qui ont été abordées lors des séances, accompagnées d’un aperçu des idées qui en ont émané.

  1. Comment peut-on préparer les jeunes en vue de futures carrières encore inconnues?

Steve Brown, chef de la direction à la société Nelson, a indiqué qu’à l’heure actuelle, au moins 35 % des élèves de 12e année (5e secondaire) auront des emplois qui n’existent pas encore aujourd’hui. Or, selon lui, l’enseignement normatif ne convient plus.

  1. Comment peut-on combler l’écart entre les grandes idées pédagogiques et l’expérience réelle des enseignants en classe?

Ce gouffre est énorme, a noté Chris Meyer, enseignant au Conseil scolaire du district de Toronto. Les sciences sont une démarche de génération, de mise à l’essai et d’application des connaissances. Plus souvent qu’autrement, a-t-il fait remarquer, les enseignants ne reçoivent aucune formation scientifique approfondie, ni dans leurs études en éducation, ni dans leur parcours scolaire régulier. Il est impératif que les enseignants disposent de ressources appropriées, et qu’ils reçoivent de la formation et acquièrent de l’expertise dans leur domaine et leur niveau d’enseignement respectifs.

  1. Les enseignants sont-ils assez passionnés par les STIM et les perspectives d’avenir qui leur sont associées pour éveiller l’enthousiasme de leurs élèves envers les sciences?

Les enseignants ne doivent pas s’en tenir uniquement aux contenus des manuels scolaires — ils doivent aussi faire comprendre comment les STIM s’appliquent dans la « vraie vie ». C’est ainsi que l’on peut réellement motiver les jeunes, a soutenu Julie Bélanger, responsable de la recherche à Rand Europe. La chercheuse a indiqué que les enseignants de sciences qui suivent des cours de perfectionnement professionnel de grande qualité sont plus nombreux à demeurer dans la profession, à rester stimulés et à transmettre leur enthousiasme pédagogique à leurs élèves.

  1. Comment les partenaires en éducation peuvent-ils inspirer les élèves?

Auparavant, les partenaires du domaine de l’enseignement des STIM ne comptaient que des centres des sciences et des musées. Mais de nos jours, d’innombrables initiatives sont proposées par des organismes communautaires, des entreprises de l’industrie et des établissements d’enseignement postsecondaire. De telles collaborations permettent aux élèves de découvrir une foule de carrières, de vivre des expériences enrichissantes et de côtoyer des modèles inspirants.

Sylvain Laporte, président de l’Agence spatiale canadienne, a parlé du sentiment d’émerveillement qu’il voit dans les yeux des jeunes lorsqu’un astronaute fait son entrée dans un gymnase d’école ou un auditorium. Or, lorsque cette admiration est conjuguée à l’apprentissage, elle peut changer le cours d’une vie. De son côté, Christina Jennings, directrice générale des Films Shaftesbury, a parlé d’autres façons d’inspirer les jeunes, comme en leur présentant les vidéos Emerald Code qui traitent du rapport entre les jeunes filles et les STIM. Elle a affirmé qu’après avoir vu ces capsules, les adolescentes comprennent qu’elles peuvent suivre les mêmes parcours que les brillantes protagonistes de la série.

  1. Quel est le but ultime des partenariats dans le domaine de l’apprentissage des STIM?

Ridha Ben Mrad, chef de la recherche et directeur universitaire adjoint à Mitacs, est d’avis qu’au-delà de construire des ponts vers des carrières scientifiques, les activités pratiques et les expériences pédagogiques d’approfondissement de l’apprentissage permettent d’enrichir la culture scientifique chez les jeunes. Favorisant en outre l’innovation dans tous les domaines, ces activités forment des citoyens capables de s’intéresser aux enjeux scientifiques et de les comprendre. Il s’agit en fait d’un impératif social, a affirmé Eduardo Cetlin, président de la Fondation Amgen. Le gouvernement fédéral joue lui aussi de nombreux rôles dans le soutien au développement des jeunes, sujet qu’a abordé Christiane Fox, sous-ministre des Affaires intergouvernementales et de la Jeunesse.

  1. Quelles compétences clés les élèves doivent-ils maîtriser dans ce nouveau monde changeant?

Chantal Beaulieu, directrice générale du Conseil des ministres de l’Éducation, a expliqué que les jeunes d’aujourd’hui doivent exceller dans six grands domaines : 1) la pensée critique et la résolution de problèmes; 2) l’innovation, la créativité et l’entrepreneuriat; 3) l’apprentissage de l’apprentissage, la conscience de soi et l’apprentissage autonome; 4) la collaboration; 5) la communication; et 6) la citoyenneté mondiale et la viabilité.

Mojdeh Poul, présidente de la société 3M Canada, a fait remarquer que ces compétences générales sont nécessaires dans tous les lieux de travail et dans tous les postes. Mme Beaulieu a d’ailleurs ajouté que le défi est non seulement d’inculquer ces aptitudes aux élèves, mais aussi de trouver des moyens pour en vérifier l’acquisition chez les jeunes.

  1. Comment doit-on préparer les jeunes à ce monde en grand bouleversement?

Selon John Knubley, sous-ministre fédéral de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique, les compétences des jeunes doivent être enracinées dans de solides fondements scientifiques si l’on veut que les citoyens de l’avenir puissent maîtriser et même élaborer les technologies de demain. Il a ajouté que, comme ils jonglent déjà avec d’incessants progrès, les employeurs sont bien placés pour nous éclairer dans notre réflexion sur le marché du travail de l’avenir et sur les qualifications qu’il exigera.

  1. Comment peut-on forger des liens plus étroits et pertinents entre les divers apprentissages des élèves?

 Tout est lié à tout. Par exemple, la musique peut être expliquée par des principes de physique, et l’activité physique peut se résumer par des notions de chimie et de biologie. Notre système scolaire doit reposer sur une pensée intégrative plutôt que compartimentée, a soutenu Bruce Rodrigues, sous-ministre de l’Éducation de l’Ontario.

  1. Comment peut-on encourager les élèves à s’intéresser aux STIM au-delà des murs de l’école?

La plupart des élèves ne cherchent pas à décrocher des emplois purement scientifiques. Mais ils doivent comprendre la place qu’occupent les STIM dans la société et dans la vie citoyenne, et pour ce faire, il nous faut augmenter le nombre d’élèves qui s’intéressent aux sciences tant pour le travail que pour la vie, a déclaré David Blades, professeur en sciences de l’éducation et en études des programmes de formation à l’Université de Victoria.

  1. Comment peut-on mieux faire émerger l’appréciation des STIM?

Les jeunes aiment fabriquer des choses, ils aiment imaginer, et prendre part à des expériences hautement sensorielles. Or, selon Sara Diamond, présidente de l’Université de l’École d’art et de design de l’Ontario, les enseignants peuvent miser sur ces prédispositions dans le contexte des sciences, ayant ajouté que les connaissances scientifiques peuvent être transmises par des canaux multiples.

  1. Comment la technologie peut-elle façonner la manière dont apprennent les jeunes?

Guy Tétrault, directeur de l’éducation à la Sun West School Division, en Saskatchewan, a parlé de l’importance du recours aux plateformes électroniques, aux programmes en ligne, à l’apprentissage à distance et aux bibliothèques d’information numériques. Il a convenu que l’enseignement traditionnel en face à face, la pédagogie par projets et l’apprentissage axé sur le questionnement sont utilisés en diverses combinaisons, ajoutant que l’enseignement personnalisé est en fait de « l’instruction différenciée… sur les stéroïdes », et ces stéroïdes, ce sont les technologies d’aujourd’hui.

  1. Comment les élèves apprennent-ils le mieux?

L’apprentissage des sciences en est un qui est très relationnel, socialement construit, orienté sur l’activité et l’interrogation, et profondément contextuel. Phil McRae, officier exécutif de l’Alberta Teachers’ Association, est d’avis que les responsables de nos systèmes scolaires devraient prendre un peu de recul pour examiner comment la technologie pourrait être au service d’un tel apprentissage, lequel doit aussi être significatif, a-t-il ajouté.

Spencer Turbitt, président-directeur général de la société iApotheca, a reconnu que les enseignants déploient beaucoup d’efforts pour comprendre la façon dont leurs élèves apprennent, et a indiqué qu’il importe d’aider ces derniers à développer une conscience de soi afin qu’ils puissent le découvrir eux aussi. Il faut apprendre aux jeunes à comprendre leurs propres styles d’apprentissage et les parcours qu’ils préfèrent, éléments qui varient grandement d’un apprenant à l’autre. Cette réalisation à elle seule peut attiser la passion d’apprendre.

Et maintenant, quelles sont les étapes suivantes?

La discussion n’est pas terminée. Examinez l’ébauche du cadre d’apprentissage et donnez-nous votre point de vue afin de contribuer au façonnement de l’avenir de l’apprentissage des STIM au Canada.

Les vidéos de toutes les présentations de panélistes peuvent être visionnées ici : https://canada2067.ca/fr/conference/conference-nationale-sur-le-leadership/.

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